Mardi 5 février 2008
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16:08
La déferlante ne pouvait durer éternellement, la vague aussi grosse soit-elle finit toujours par casser. Et c’est à ce moment précis qu’elle est la plus dangereuse, quand toute l’énergie
accumulée est libérée. Alors un conseil : attention à ne pas vous faire happer dans le tube Monsieur N et même si votre bimbo vous a mis vos brassières, elles ne vous seront pas d’un grand
secours.
C’était une bien belle vague, plus de 53% lorsqu’elle s’est formée au large du palais présidentiel et ceci en période de petits coefficients. Pour ce genre de vague il vaut mieux être tracté et
quoi de mieux que le yacht de Bolloré pour être sur de son take-off ?
Après son élection, Monsieur N attendait fébrilement sur sa planche la vague parfaite et il l’a eu. Mais trop gourmand il a voulu la chevaucher jusqu’au bout, jusqu’à la plage quand elle ne
devient plus qu’un clapotis.
La fin de l’année a combiné tous les éléments nécessaires à une bonne houle : solstice d’hiver et ses gros coefficients, pleine lune, tempêtes aux larges et mouvements sociaux ont formé des
vagues monstres d’insatisfaction que Monsieur N va avoir du mal à prendre. Mon dernier conseil : une fois rattrapé, prendre sa respiration, ne pas lutter une fois dans la machine à laver,
rejoindre la surface pour reprendre son souffle et bien faire attention qu’une seconde vague ne casse pas pour vous renvoyer vers le fond.
Le fond et la forme. Je ne sais pas lequel des deux étaient privilégiés mais le concours que j’ai passé en interne mercredi dernier m’a paru un peu trop simple. Un élève de première année aurait
pu le faire. Comparé aux concours externes, il n’y a pas photo, le niveau de difficulté n’est pas le même. Pour accéder au même poste, je ne trouve pas cela très équitable pour les jeunes gens
sortis fraîchement de l’université. La moyenne d’age lors des deux épreuves est elle aussi très différente. Etant parmi les plus vieux lors de l’épreuve externe en 2007, me voici dans les plus
jeunes pour l’interne. Ajouter à cela un nombre d’épreuves réduits (5h contre 9) et vous vous rendrez compte que la promotion en interne n'est qu'une rigolade et un simulacre.
Ce qui est un phénomène commun dans la fonction publique. Lorsque des postes sont ouverts dans la recherche scientifique, il y a souvent un candidat en interne au laboratoire qui cherche une
promotion. Mais tout va bien en France, la fuite des cerveaux est injustifiée, tous ces jeunes ingénieurs et docteurs qui quittent ce pays ne sont pas de vrais patriotes.
J’ai eu la chance vendredi dernier d’accompagner des élèves à un forum des métiers. A notre arrivée Madame Kosciusko-Morizet était en plein discours, première rencontre avec un membre du
gouvernement (j’habite pourtant la circonscription de Valérie Pécresse). Mais Patty la Rouquine n’est pas restée bien longtemps. Sitôt son discours expédié et quelques mains serrées, la voila qui
repartait vers ces hautes sphères si éloignées du monde réel qu’elles ne brillent qu’à la télévision. Peut-être a-t-elle eu peur des jeunes banlieusards que j’accompagnais. "Reviens Patty,
ce ne sont que de gentils sauvageons." Rien à voir avec ces casseurs de flics, la plupart veut devenir aide-soignant ou infirmier. Trop tard elle est déjà loin…