quoi de neuf?

Encore un record battu (pour le troisième mois consécutif!). Et dire que tout cela va s'arrêter en fin de semaine...

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Dimanche 6 mai 2007 7 06 /05 /Mai /2007 20:01
J'avais décidé de vivre ce jour comme un autre, après tout c'est le dernier juste pour moi. Alors levé à 8h comme d'habitude (et oui même un dimanche, il y a une raison à cela mais ça n'a plus d'importance maintenant), je sors pour courir une demi-heure, restons en forme jusqu'au dernier instant et comme dit la pancarte au-dessus de l'autoroute "disparaître ici". En fin de matinée je vais donner un dernier cours de maths à un élève de première perdu entre les indéterminations de limites et les comportements asymptotiques. Bref, rien de palpitant mais grâce à mon aide peut-être finira t'il ingénieur informatique chez Renault et sous la pression de ses supérieurs, il jouera à Mike Brant...
Je rejoins ensuite mon avocat qui a besoin de soutien moral pour accomplir son devoir civique. Arrivé chez lui, je dois le conseiller sur sa tenue vestimentaire (pour une fois, c'est moi qui le conseille). Oscar hésite entre un t-shirt "no ma'am" au miroir de Vénus barré, symbole du club créé par Al Bundy et qui est l'acronyme de la "National Organization of Men Against Amazonian Masterhood" et un t-shirt dans le plus pur style gonzo représentant une scène de notre film culte où un docteur gonzo vomissant ses tripes alpague des automobilistes pour leur proposer de l'héroïne pure. Je lui fais remarquer que le premier T-shirt bien que drôle pourrait être perçu comme le refus primaire et machiste d'une présidence féminine (et donc un soutien envers le candidat male) ce qui fait bondir Oscar hors de ses gonds. Après une quantité de jurons et de menaces vociférés, il déchire donc le T-shirt avec son couteau de chasse et opte pour le style gonzo tout comme moi qui arbore le point fermé autour d'un bouton de peyotl. Se faisant, nous avions bien évidemment entamé l'apéro à base de gin fizz bien tassés, mon avocat n'aimant pas le goût du fizz...
Nous nous rendons ensuite à son bureau de vote local où j'observe objectivement le manège des gens se succédant dans les isoloirs et des bulletins de vote glissés dans l'urne. Oscar sort de sa poche son bulletin "Hunter for Shériff" avant d'entrée à son tour dans la cabine d'essayage (mon soutien consistant à le rassurer sur le fait que personne ne viendra l'enlever pendant ce court instant de réflexion démocratique). Lorsqu'il en sort, je lui fais un signe discret pour qu'il essuie les traces de poudre blanche sur son nez, cette ordure n'a donc aucun respect, je le soupçonne de m'avoir emmené jusqu'ici pour que je sois le témoin de son irrévérence. Nous faisons ensuite la queue les bras croisés et les mâchoires remuant frénétiquement. Je glisse deux trois conneries aux oreilles d'Oscar en espérant le faire péter les plombs devant toutes les personnes de son entourage comme la rouquine qu'on a vu récemment dans une émission de télé. Au moment de glisser son bulletin, mon avocat voit bien le regard de mépris que lui lance la vieille chouette ménopausée aux cheveux mauves préposée à l'ouverture de l'urne et qui lance son "a voté" comme si l'avenir de l'univers reposait sur ses frêles épaules. Evidemment sa collègue toute aussi permanentée écorche son nom de famille mais Oscar ne lui saute pas à la gorge comme il le faisait dans le temps. Ces deux harpies se lancent des regards entendus comme si leur psychologie avisée avait de suite deviné nos penchants. Mais le devoir de réserve leur interdit tout commentaire contrairement à nous. Mon avocat les gratifie d'un "connasses!" résonnant dans le préau de l'école tandis que je m'exclame "vivement la canicule!"
De retour à la maison, nous passons l'après-midi à chercher la moindre information sur l'évolution du scrutin, un oeil sur la télé, l'autre sur l'Internet, les mains occupées tantôt à nouer les cordes, tantôt à remplir nos verres. Vers 18h, les informations en provenance de mes informateurs suisses ne présagent rien de bon, je connais la précision et l'exactitude dont ils ont fait preuve il y a quinze jours.

Ca y est, il est 20h01, le couperet est tombé, de retour chez moi, je vais dans le garage où la corde est déjà accrochée au plafond, je grimpe sur le tabouret, enfile cette cravate de corde qui m'irrite avant de faire tomber le tabouret.
Par christopher pring - Publié dans : article
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