

"When the going gets weird, the weird turn pro"
Quand tout devient bizarre les bizarres deviennent pro
Je reçois d'étranges messages ces derniers temps. "Ma soeur a un boulot à confier. Bien payé. Faut porter un passeport à Clermont-Ferrand." Tout ceci ressemble à un traquenard, un plan foireux
comme : tu conduiras une voiture volée mais à aucun prix tu ne devras ouvrir le coffre et si tu tombes sur un barrage de flics, fonce dans le tas, ne t'arrête sous aucun prétexte.
J'ai quand même demandé son avis à mon avocat qui m'a simplement répondu : "fais ce que bon te semble mais ne viens pas me pourrir mon week-end, sale blanc-bec!" avant de jeter le combiné par la
fenêtre. Ce que j'ai fait. J'ai maintenant une situation (pratiquemment) respectable et tout un tas de gens à voir et de choses à faire. Pas le temps de tailler la route de nuit dopé aux
excitants en tout genre pour revenir au petit matin. En d'autres temps, l'idée m'aurait séduite et je n'aurai pas refusé voyant là une occasion d'incarner Sal Paradise.
Tailler la route... toujours cette idée en tête, un leitmotiv, il faut bien dire que les opportunités offertes ici sont de moins en moins réjouissantes. "Allez mec, tu peux bien bosser 4 ou 5
heures de plus par semaine pour le même salaire?"
De toute façon cette question n'est que pure rhétorique. Avec 53% de voix, des transfuges de l'ennemi, des amis aussi dignes de confiance ou reconnus pour leur moralité exemplaire (du petit
artisan armurier au tortionnaire), une concubine "plus bonne que la plus bonne de tes copines", je crois bien que rien ne peut contrarier sa mégalomanie. Le gars pense même pouvoir en découdre
avec une horde de marins-pêcheurs bretons excédés qui ne sont pas des modèles de courtoisie. C'est un peu comme si j'allais voir Myke Tyson et lui dire "What's up nigga?" Même entouré par une
dizaine de gorilles décérébrés (d'où l'oreillette qui permet de garder le contrôle sur ces tas de muscles créatinisés), il n'était pas côté mieux qu'à 56 contre un chez les pires
bookies.
Alors tant pis, 53% ont parié sur le mauvais cheval (je devrai peut-être parler de poney). Alors les réformes passeront, ce qui arrangera les affaires des socialistes même si ceux-ci ne
l'avoueront jamais. Ils reviendront dans 4 ans conspuant l'action du gouvernement alors que secrètement et dans leur globalité, ils sont d'accord avec la nécéssité de réformer. Hollande a préféré
se montrer à côté des magistrats en colère dans le cadre de la réforme de la carte judiciaire plutôt qu'au côté des cheminots et autres "privilégiés" de la fonction publique.
Et nos amis cheminots devraient faire attention, la fin de leur régime spécial est peut-être un moindre mal, Besancenot en sait quelque chose, ils se font rare les fonctionnaires à la Poste, tous
remplacés par des CDD et des CDI. Le trafic ferroviaire deviendrait un beau merdier si la SNCF et la RATP étaient entièrement privatisées mais celà engrangerait des bénéfices bien plus
juteux.
Tiens quand on parle du loup... les voci qui entrent dans le wagon mais pas de contrôle. Dommage, j'étais prêt pour un peu de sport, mes répliques préparées depuis les dernières grêves sur la
pénibilité de mettre la main à la poche pour en extraire laborieusement mon titre de transport, surtout après une dure journée de travail.
Oui cher lecteur, en ces temps de précarité intellectuelle de gauche, je me suis résolu à rejoindre les forces vives de ce pays. Pour mieux en profiter plus tard, je dois être prêt à faire
quelques sacrifices. Nous avons 4 ans à tenir, d'ici là la troisième guerre mondiale aura éclatée, la France aura rejoint l'axe du bien (matériel, pas la notion manichéenne qui s'oppose au mal),
le Bangladesh et les Pays-Bas seront engloutis comme la cité d'Ys dans la baie de Douarnenez.